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Le plastique fou
19/06/10
Le plastique fou se présente sous forme de feuilles un peu plus petites que des pages A4, qui ressemblent un peu à du papier calque très épais. Il s’agit d’un plastique spécial, lisse et brillant d’un côté et rugueux de l’autre. C’est très simple à utiliser et ça permet de faire plein de machins chouettes, le tout étant de trouver des idées.
Images à cliquer pour voir en grand.
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Aujourd’hui, j’ai voulu faire un essai de montre à gousset* pour Aline. J’en profite pour vous montrer la procédure étape par étape. (Étrangement, j’ai commis plein d’erreurs de débutante qui ne m’étaient jamais arrivées dans les dizaines de fois où j’ai déjà fait ça, mais ça me permettra de parler des bêtises à ne pas faire !)
*Purement décorative, hein, je sais qu’elle ne donnera pas vraiment l’heure…
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Préparer l’image
Je ne dessine jamais à main levée sur la feuille, c’est toujours du décalquage. Soit je dessine d’abord sur papier, soit j’imprime une image trouvée sur internet. Pour cette option, n’oubliez pas de régler les contrastes au maximum, surtout si c’est une photo et pas un dessin, ce fut là ma première erreur : une fois l’image recouverte de plastique (qui est opaque), impossible de distinguer les contours de la montre des ombres. Il faut également que l’image soit suffisamment grande, puisque le plastique réduit beaucoup à la cuisson (l’objet fini est de 2 à 3 fois plus petit qu’au départ), mais il est impossible de prévoir de manière précise, c’est très variable. Je me suis donc retrouvée avec une montre beaucoup plus grande que je le souhaitais. Important : si vous faites des pièces qui doivent être identiques, mettez toutes les chances de votre côté : décalquez sur le même modèle (éventuellement inversé, comme c’est le cas des boucles d’oreilles Miró plus haut) et cuisez-les en même temps. Enfin, si vous voulez que votre dessin ait un sens particulier, il faut choisir quelle face sera la face visible : face brillante (comme tous les modèles supra) ou face rugueuse (qui sera vernie). Si vous optez pour la face brillante, inversez l’image (symétrie d’axe vertical) ! J’ai oublié de le faire et je me retrouve donc avec une montre qui donne XII, XI, X, IX…, chose que je n’ai remarquée, qu’après la cuisson. Pas grave, je la mettrai dans l’autre sens, certains le font systématiquement.
Contours et coloriage
C’est maintenant le gros du travail : on commence par scotcher la feuille de plastique, face rugueuse au dessus, sur la feuille de papier en évitant les contours de l’image (et l’intérieur, évidemment), et on se lance. Avec un crayon bien taillé ou un feutre à pointe fine, on décalque les contours du motif. J’utilise de préférence un porte-mines assez gras (les crayons Conté turquoises sont une horreur !) pour pouvoir effacer en cas de rature (interdit avec le feutre, évidemment), et porte-mines plutôt que crayon pour avoir toujours une pointe fine. Après ça, on passe au coloriage, avec des crayons de couleur toujours bien gras, si possible : ils glissent mieux sur la surface rugueuse, marquent plus et se gomment plus facilement. Pour avoir des couleurs vives, on n’a pas peur d’appuyer ! Si vous voulez des zones blanches, n’oubliez pas de les colorier en blanc, le reste sera translucide (comme le contour de mes chiffres et le centre
du cadran). Pour la montre, j’ai failli oublier d’ajouter des aiguilles ; à bon entendeur… Après la cuisson, les couleurs seront plus concentrées, puisqu’il y aura la même quantité de crayon pour des surfaces beaucoup plus restreintes.
Il faut ensuite découper les contours avec des ciseaux et/ou un cutter. C’est aussi le moment de faire un trou à la perforatrice pour pouvoir passer un anneau dans l’objet après la cuisson, ce que je ne fais pas ici puisque j’utiliserai la boucle en haut de la montre. Il est aussi possible de faire le trou après cuisson, avec une mini-perceuse du type Dremel (j’ai un Dremel adapté aux loisirs créatifs (pour la précision), mais même à puissance maximale, il galère un chouïa, donc méfiez-vous).
Avant de passer à la cuisson, vérifiez, en vous plaçant face à la lumière, qu’il ne reste aucune zone non coloriée (sauf si c’est voulu, cf. chiffres et centre du cadran). Si vous le souhaitez, vous pouvez aussi repasser les contours au feutre.
Cuisson
Dans le four de cuisine à 150° C, placer le bidule sur une surface plane (plaque de four, assiette, platine à tarte), en n’oubliant pas de recouvrir au préalable la surface d’une feuille d’aluminium ou de papier sulfurisé. Vous pourrez remarquer que pour la première fois de ma vie, j’ai oublié de le faire, et je vous garantis que pour décoller du plastique collé à une assiette, le tout sortant du four, le bout des doigts morfle beaucoup. Maintenant vient la partie la plus rigolote, mais comme c’est rapide, préparez à l’avance des livres entre lesquels vous glisserez le plastique fou. Une fois dans le four, l’objet va commencer à se gondoler puis à se tordre dans tous les sens en rétrécissant.
Lorsqu’il est redevenu plat, sortez le du four en n’oubliant pas d’utiliser une manique (comment ça, c’est du vécu ?) et déposez rapidement l’objet sur un livre que vous recouvrirez d’un deuxième, pour que ce soit bien plat. Personnellement, pour éviter d’avoir des traces sur la surface brillante, je la laisse sur le papier sulfurisé. Pas la peine de laisser très longtemps l’objet entre les livres, c’était juste pour l’aplatir tout à fait tant qu’il était encore très chaud et donc souple. Si vous voyez que l’épaisseur n’est pas la même partout, c’est que ce n’est pas assez cuit, remettez-le simplement au four. C’est ce que j’ai fait pour raplatir ma montre après l’avoir péniblement décollée de l’assiette.
Souvenez-vous que ça reste artisanal : tout ne réduit pas de la même manière, parfois ça diminue plus en longueur qu’en largeur, parfois c’est déformé, comme c’est le cas ici.
Finitions
Ne touchez pas la surface rugueuse, comme je l’ai dit plus haut, il y a maintenant beaucoup de couleur pour une surface réduite, alors on évite de faire baver les couleurs (surtout lorsqu’on a laissé des parties translucides). Ici, vu que c’est la partie rugueuse qui sera visible (cf. les chiffres inversés), il va falloir faire très attention à ce que ce côté reste nickel, tandis que le côté brillant est beaucoup moins fragile. Pour éviter que le vernis ne fasse baver les couleurs, on commence par passer de la laque sur toute la surface. Quand c’est bien sec, on passe une première fine couche de vernis, quel que soit son type : j’utilise un vernis acrylique, mais certains utilisent même du vernis à ongles (à la condition qu’il soit transparent, of course !). Après avoir bien laissé sécher, on repasse une deuxième couche. En général, le temps de séchage est indiqué sur l’étiquette, pour moi c’est une heure entre chaque couche puis 24 heures pour un séchage total.
Il ne reste plus qu’à monter l’objet en collier, bague, porte-clefs, boucles d’oreilles, broche ou que sais-je !
Je ne le fais pas ici parce que je ne suis pas satisfaite du résultat (trop grand, couleur du « métal » trop foncée, aiguilles trop fines, vernis beaucoup trop brillant — l’ancien était plutôt satiné mais mélangeait les couleurs), je ferai un autre essai — plus petit ! — et je ferai une photo du collier fini à ce moment-là.

















