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Avancer
23/03/10
C’est bien trop facile. Affirmer que je suis la seule responsable de tout ce qui arrive de mauvais, oublier le nombre de fois où je t’ai demandé d’être simplement franc et de me dire ce que tu pensais, oublier que dans l’étendue de ton honnêteté, tu m’as dit que tu le ferais, mais plus tard, toujours plus tard. Je me demande si tu crois tes propres paroles, si tu penses vraiment que tout peut n’être la faute que d’une seule personne. “L’après aurait pu être bien.” En effet, mais il aurait pour ça fallu nous laisser nos chances. On a merdé, c’est comme ça, et on ne changera pas ce qui s’est passé. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut oublier tout le positif qu’on a pu s’apporter, tout ce qu’on a été de bien, tout ce qu’on a vécu de beau, tout ce qu’on a construit, simplement ensemble. Pour moi, tout ça est bien plus important que les trois semaines qu’on vient de vivre. Le souvenir de tout ça et le projet d’un avenir différent, mais d’un avenir dans lequel on resterait des points d’attache l’un pour l’autre, ces souvenirs et ces projets me semblent trop importants et précieux que pour jeter l’éponge et accepter que ça finisse comme ça. Tu as laissé les choses s’étioler entre nous plutôt que prendre la situation en mains, mais pour notre amitié, qui pourrait nous apporter encore plus que le couple qu’on a été, pour ça il n’est pas trop tard. On peut agir, là-dessus ; ne laisse pas tout partir à la dérive, cette fois. On peut simplement choisir de tourner la page sur cet intermède au goût amer qui nous a trop fait souffrir tous les deux. Il ne s’agit pas d’oublier, mais de passer à autre chose, et sainement. On peut choisir d’entamer un nouveau chapitre, différent, mais d’avancer ; et on vivrait bien mieux qu’en restant sur toute cette douleur et ces mots durs, en ne voyant plus ce qu’on a été qu’avec rancœur. Simplement, on vivrait.
And so it is…
7/08/08
Me laisser aller, ne pas avoir le contrôle, c’est quelque chose qui m’a toujours posé problème. Au point de ne pas même réussir à me détendre et de ne pas m’endormir avant quatre heures du matin, tous les jours depuis plus d’un mois maintenant. Comme c’est à chaque fois le cas en période de vacances. Parce que c’est toujours me retrouver embourbée là-dedans, sans aucune échappatoire. Ne voir toujours que les mêmes personnes, trop. Alors on manque d’air.
Il me demande toujours plus, et j’aimerais pouvoir lui dire que c’est une charge trop lourde à porter. Mais je n’en ai pas le cran, alors j’ai cette obligation de supporter, me taire et le faire passer avant. C’est toujours comme ça que les choses ont été, moi à m’occuper de lui dès mon plus jeune âge, et lui qui ne s’est jamais vraiment intéressé à moi. De plus en plus lourd maintenant que son état a empiré, et qu’il n’y a plus que moi ; alors je continue, entre devoir et pitié.
Eviter les conflits à tout prix, donc à elle, cacher absolument cet énième déboîtement de genou. Forcer, marcher sans boitiller, sans béquilles, pas de repos. Quand il s’agit de se mettre à genoux sur du carrelage, la douleur devient intolérable, et ça ne pourra pas durer. Il y a un gros ras-le-bol à ce niveau là aussi. L’opération et les six mois de rééducation quotidienne devaient solutionner le problème. Ils ont été longs, pénibles et douloureux. Et au final, un genou qui n’est toujours pas sûr.
Je veux trouver le moyen de me libérer de tout ça, abandonner ce sac à dos bien trop lourd au bord de la route pour pouvoir continuer mon chemin légère et capable d’affronter les obstacles sans plus m’effondrer quand je rencontre une difficulté.
Changements
7/07/08
Je ne supporte pas les photos de cette période, il y en a d’ailleurs très peu. Et puis hier, on m’en a donné une que je n’avais jamais vue, prise il y a un an, pour le premier anniversaire de Maxouille. Première bougie, premiers pas, premier livre… Cet après-midi est un très bon souvenir.
Il y a un tel chemin parcouru entre ces deux photos, tant d’obstacles franchis… Je ne savais pas si je serais capable de tenir une semaine à l’université, et me voilà maintenant, quelques mois plus tard, avec la réussite de cette première année qui apporte confiance, et espoir. Je suis fière de moi, de ce dont je suis capable, de celle que je suis.
Ce n’est pas simplement un an, c’est un monde qui sépare ces photos.


