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Tu n’étais rien
22/03/10
Toute ma vie, je trébucherai sur des embûches que tu as semées sur ma route pendant des années ? Toute ma vie, je continuerai à me surprendre et à m’offenser quand tu porteras atteinte à ce que je suis, quand tu me montreras pour la énième fois à quel point ma personne ne t’intéresse pas ? Je crois que toute ma vie, je continuerai à découvrir de nouveaux côtés de moi que tu as sabotés insidieusement. Tout serait plus simple si tu dégageais simplement du paysage. Alors seulement je pourrais ne plus rien attendre de toi, ne plus avoir affaire à toi ; ne rien devoir donner à quelqu’un qui m’a toujours pris tout ce que j’avais. Quelqu’un qui m’a fait des croche-pieds à chaque fois que je me remettais sur mes jambes pour avancer. Merde, ton rôle c’était de me prendre la main pour avancer, de me pousser à affronter ce dont j’avais peur, tout en restant là pour me sécuriser. Ton rôle, je ne sais pas ce que c’était. Probablement l’exact inverse de ce que tu as été. Mais non, tu n’étais rien. Simplement absent, même dans les rares moments où tu étais là physiquement. Qu’est-ce que des gosses pouvaient avoir qui vaille un tant soit peu que tu leur porte de l’intérêt ? Le plus simplement du monde, on était TES gosses. Du moins en théorie. Et tu attends de nous qu’on soit là pour toi maintenant, qu’on t’apporte ce que tu n’as jamais daigné nous accorder. Tu es celui qui a bousillé ma vie dès le départ, celui qui ne m’a jamais laissé aucune chance de m’en sortir. Mais j’y arrive chaque jour un peu plus. Tu n’es qu’une ordure. Tu n’avais aucun droit de faire ce que tu as fait, et de la même manière, de conditionner tout mon futur. Bon sang, ce que je voudrais pouvoir te haïr.
J'ai vingt ans et une maman.
6/04/09
Un nouveau départ, de nouvelles bases, solides cette fois. Enfin, je vais pouvoir me construire avec la confiance de ceux qui m’entourent, sans quelqu’un pour m’enfoncer, pour se reposer sur moi à m’en étouffer.
Aujourd’hui, la chenille devient papillon. Aux oubliettes, cette petite chose fragile qui voulait s’effacer ; à force de s’entendre dire qu’elle était de trop, elle a fini par y croire plus que quiconque. Fini de ramper tête baissée, le moment est venu de prendre son envol, puisqu’enfin on s’en sait capable.
[One day I'll fly away...with you. C'est maintenant.]
And so it is…
7/08/08
Me laisser aller, ne pas avoir le contrôle, c’est quelque chose qui m’a toujours posé problème. Au point de ne pas même réussir à me détendre et de ne pas m’endormir avant quatre heures du matin, tous les jours depuis plus d’un mois maintenant. Comme c’est à chaque fois le cas en période de vacances. Parce que c’est toujours me retrouver embourbée là-dedans, sans aucune échappatoire. Ne voir toujours que les mêmes personnes, trop. Alors on manque d’air.
Il me demande toujours plus, et j’aimerais pouvoir lui dire que c’est une charge trop lourde à porter. Mais je n’en ai pas le cran, alors j’ai cette obligation de supporter, me taire et le faire passer avant. C’est toujours comme ça que les choses ont été, moi à m’occuper de lui dès mon plus jeune âge, et lui qui ne s’est jamais vraiment intéressé à moi. De plus en plus lourd maintenant que son état a empiré, et qu’il n’y a plus que moi ; alors je continue, entre devoir et pitié.
Eviter les conflits à tout prix, donc à elle, cacher absolument cet énième déboîtement de genou. Forcer, marcher sans boitiller, sans béquilles, pas de repos. Quand il s’agit de se mettre à genoux sur du carrelage, la douleur devient intolérable, et ça ne pourra pas durer. Il y a un gros ras-le-bol à ce niveau là aussi. L’opération et les six mois de rééducation quotidienne devaient solutionner le problème. Ils ont été longs, pénibles et douloureux. Et au final, un genou qui n’est toujours pas sûr.
Je veux trouver le moyen de me libérer de tout ça, abandonner ce sac à dos bien trop lourd au bord de la route pour pouvoir continuer mon chemin légère et capable d’affronter les obstacles sans plus m’effondrer quand je rencontre une difficulté.
