Posté par Aurore dans Non classé
N’attends pas de l’autre qu’il agisse exactement comme tu le souhaites ; si tu veux que les choses prennent une certaine direction, c’est aussi à toi de les orienter. Sans ça, tu n’as qu’à t’en prendre qu’à toi-même plutôt que blâmer celui qui se trompe peut-être, mais qui au moins essaie.
Est-ce qu’on peut et est-ce que l’on doit faire le bien des autres malgré eux ? Est-ce que quand on décide que leur vrai talent est là, il faut les bousculer, les obliger à sortir d’eux-mêmes ? C’est vrai que je me suis retrouvé moi-même souvent dans cette situation. Plus les gens que j’aime sont heureux et épanouis, plus je suis heureux. Donc parfois, j’essaie de vaincre chez les autres leurs blocages avant d’en venir à me demander si j’ai raison ou pas.
D. Van Cauwelaert, interviewé par C. Dyon
C’est exactement ça. J’ai essayé de le tirer vers l’avant, encore et encore, de le pousser à affronter un cap difficile mais nécessaire à une évolution. Mais quand l’autre n’est pas prêt, le seul effet obtenu sera de lui faire du mal et, suivant le tempérament de la personne, elle risque de vous renvoyer ce mal au centuple. C’est dans ce contexte que j’ai « réceptionné » les propos les plus méchants/méprisants qu’on m’ait jamais adressés, et même s’ils sont infondés, ils furent si profondément blessants et gratuits qu’ils laisseront une cicatrice. En y réfléchissant, même avant cela, c’est toujours la même personne qui m’a blessée par sa méchanceté occasionnelle. Probablement parce que c’est celle qui comptait le plus : ceux dont on ne se soucie pas ne nous atteignent pas, quoi qu’ils fassent, quoi qu’ils disent. Au final, j’ai perdu mon meilleur ami.
Même en amitié, je n’y crois plus vraiment. Depuis toujours, persuadée de n’avoir intérêt, aucune raison qui fasse que l’on m’apprécie. Il y a eu ceux qui m’ont fait sentir que j’étais de trop, qu’ils ne faisaient que me tolérer. Ceux qui l’ont dit haut et fort. Ceux qui ont fait semblant, qui ont fait comme si, pour se retourner contre moi à la moindre occasion. Ceux en qui j’avais confiance et qui m’ont lâchée comme si j’étais contagieuse. Aucun n’était là quand j’en avais besoin.
Et puis, il y a eu eux. Une nouvelle vie, de nouvelles personnes, de nouvelles expériences. Débuts difficiles avec certains. Mais on a partagé des moments de toutes sortes, se connaissant mieux au fur et à mesure, et ces débuts chaotiques se sont remplacés par une suite bien meilleure. Ils font partie de mes plus belles années jusqu’ici, c’est avec eux que j’ai construit mes meilleurs souvenirs. Souvenirs basés finalement sur du vent. Il y a ceux desquels je n’ai jamais rien attendu, sachant très bien que nous n’étions liés que par nos connaissances communes et la force des choses. Il y a ceux qui sont là en fond, parfois, souvent, au cas où, tout dépend. Et il y a ceux qui finalement, ne fond pas partie de cette catégorie. Ceux dont on apprend, au bout de quatre ans, que rien n’a changé depuis le début, excepté le fait qu’ils se contentent de me démolir derrière mon dos. Ceux en qui j’avais confiance et qui n’ont jamais arrêté d’être comme les autres, finalement. Ceux qui m’ont le plus profondément déçue et blessée. Ceux qui m’ont rendue craintive vis à vis de tout signe d’intérêt. Ceux qui ont fait que j’ai peur de ce qui pourrait arriver, parce que je sais que je suis vulnérable. Parce que malgré tout, je ne peux pas m’empêcher de m’attacher, de faire confiance probablement trop facilement aux autres. Je dois avoir une âme de Bisounours, et ça fait de moi une cible facile.