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Grenouille & P’tit Michelin
25/06/08
Laure, 4 ans « tout seul » (ben oui, après elle aura 4 ans et demi !)
« Se laisser porter par le vent, rester debout pourtant »
23/06/08
C’était une cabane, là-haut dans la prairie. Elle doit avoir une vingtaine d’années, à l’époque c’étaiit encore le domaine du mouton. Et puis, au fil des ans, la prairie a été laissée à l’abandon, la cabane aussi. Difficile d’y accéder, mais c’était tellement chouette… Perdue au milieu de cette « brousse », là où les parents ne s’aventuraient plus depuis longtemps. On avait entrepris de la réparer, reclouer les planches qui se détachaient. Le bois était trop abîmé, ça ne servait à rien, il y a eu des coups de marteau sur les doigts, mais peu importait. Je n’avais pas dix ans, ça avait une sorte de magie. Des plaisirs simples au goût d’enfance, défendus évidemment, mais personne ne remarquait le vol de quelques clous et le kidnapping d’un marteau le temps d’un après-midi.
Et quelques années plus tard, me réapproprier cet endroit, à moi seule cette fois. Un parcours du combattant pour y arriver. Un pied dans le trou qui sert de fenêtre, les doigts agrippés aux poutres qui tiennent le toit, et se hisser dessus. Je voyais tout, et personne ne me voyait. D’ailleurs ils n’ont jamais su, que c’était là. Cachée dans toute cette végétation qui surplombait tout le quartier, le ruisseau là-bas tout au fond, le bois qui commençait à quelques mètres à peine, la vue qui s’étendait jusqu’à la place et voir la rue serpenter. Les forêts tout autour du village, et le bruit de l’Eau d’Heure qui s’écoule. J’avais l’impression que grimper là, c’était me mettre hors du monde pour quelques heures, observer toute cette nature en spectateur extérieur.
J’en ai passé des heures, sur ce toit, à regarder. Toujours me faire avoir par le même clou qui déchirait tous mes shorts, et trouver une excuse, pour ne pas devoir dévoiler que c’était là. Si quiconque l’avait su, tout le charme de ce lieu se serait évaporé, c’était mon endroit, et ça devait le rester. Ca l’est resté. Pendant des années, j’ai passé de longs après-midi d’été là-haut, parfois avec un peu de musique, la plupart du temps sans rien. Simplement pour prendre une sorte de distance, réfléchir, me retrouver. Trouver un endroit où me ressourcer, un endroit à l’abri de tous ces obstacles au quotidien, un endroit où rien ni personne ne pouvait m’atteindre. Un défouloir aussi. J’y pleuré, crié, hurlé. Réfléchi, et souri. C’était là que je me réfugiais toujours, une fois les beaux jours arrivés. J’avais seize ans le dernier été, c’était quelques mois avant de déménager. L’été de la mort de Papy. Je lui parlais, je lui en voulais tellement de m’avoir laissée. Je racontais tout, tout ce qui se passait. Et depuis mon « accident », j’avais développé une technique, non sans mal. Mais j’y suis parvenue : arriver là-bas même avec une entorse du genou, mon attelle et mes béquilles. Pour descendre, sauter sur la jambe droite. Cet été là, il y avait un autre enjeu. Six mois après mon opération, quand j’y repense ce genre d’accrobaties aurait pu porter à conséquences, ce n’est pas ce qu’il y a de plus recommandé avec une greffe osseuse. Mais je ne me suis jamais fait vraiment mal, ça devait faire partie de la magie du lieu, puisque là-bas je me sentais tellement en sécurité. Rien n’aurait pu m’arriver.
Et c’est un endroit qui me manque, depuis que je ne vis plus là bas. Je trouverai un moyen d’y retourner cet été, dès que possible, mais toujours en cachette. C’était mon secret, et ça doit le rester. Parce que c’est le seul endroit qui m’a procuré cette sensation de me mettre à l’écart de toute l’agitation du monde, et je ne veux pas perdre ça, ni entâcher les souvenirs.
Ma cabane, c’est la plus belle.

Paris
20/06/08
- Là juste en face, le gratte-cul de Sa Majesté Louis XIV.
- (…) à l’huile d’olive extra vierge…
- Comme moi !
- Là, on arrive au terminus, on va reprendre la ligne dans l’autre sens… Ben ouais on était fatiguées et on savait pas trop quoi faire en vous attendant, donc on a pris le metro.
- AAAAAAH ! Un pigeon mort ! A mon avis il a foncé dans l’arbre, il s’est assommé et…paf.
- On va se prendre un 69
- Une tour Eiffel en or qui brille !
- Non merci, on n’est pas des touristes
- Des terroristes alors ? Surtout toi, t’as la tête !
- Vas-y, prends tes médicaments et après on fait les tests, ça va être drôle !
Tournoi de beach volley avec athlètes constipés et policiers dynamiques, danseurs sous la tour Eiffel, emblèmes de la mode parisienne, Starbucks Saint-Lazare (et sa fenêtre tellement passionnante), ma veste et les poteaux, petit lanceur de sable ingrat, cimetière des trains, tour du monde (Tokyo, Kyoto, New-York, tour Eiffel, …), médisances et bien d’autres…
(Kenza, j’attends les tiennes : les photos de mon appareil ne sont pas montrables)
Etude intensive
9/06/08
Florilège :
N'oublie jamais (The Notebook)
9/04/08
D’abord, le film, l’histoire en soi. L’époque, les vêtements, ça change.
Et puis Alzheimer, la difficulté de voir ceux qu’on aime perdre la mémoire, je ne connais que trop bien.
Et le souvenir de la première fois que je l’ai vu. Soirée DVD avec les gonzes, entassées les unes sur les autres à renifler devant la télé en s’empiffrant de bonbons. « Ca peut pas se finir comme çaaa! (…) Noooooooooooon pas comme ça non pluuus!«
Que de souvenirs de cette soirée… Les jeux, les pâtes à 5h du matin, le pop-corn raté (avec de l’huile au basilic, c’est franchement dégueu), les bonbons, le film franchement glauque pour contraster avec celui-ci, puis Requiem for a dream, les vérité-vérité (une soirée entre filles sans y jouer, non mais et puis quoi encore!), les photos pas trop montrables, les phrases pas trop avouables… Elles, toujours. Et tout est tellement différent maintenant. On évolue, dans des voies différentes parfois. Une sur un autre continent, même. Mais on n’oublie pas, jamais. Parce que tous ces moments, ils ont fait que ce lien soit toujours plus fort. Même s’il n’est plus forcément très présent, il reste là, en sourdine. Et on se retrouve, toujours.
Pour en revenir au film, je ne m’en lasse pas. Et si vous n’avez pas un coeur de pierre, je vous le conseille, ça ne fait pas de mal de se laisser attendrir quelques fois. Et pour qu’il prenne toute sa dimension, il faut en comprendre les ficelles, qu’on ne fait que deviner au début, et qui se révèlent vers la fin ; au delà de cette histoire pas forcément possible entre Noah et Allie, c’est cette autre dimension qui rend ce film tout particulier.





