Blabla égocentrique

Exutoire


Tenir le coup, péniblement. Toujours sur le fil, la pression augmente. Plus qu’un bon mois à tenir, mais c’est le pire, et tout s’accumule depuis des mois, le stress, les tensions, la fatigue. Besoin d’un break, de ne rien faire. J’ai peur de craquer avant la fin, comme ça m’est arrivé tant de fois. Je ne parviens pas à m’accorder un droit à l’erreur, personne n’est plus exigeant envers moi que je ne le suis moi-même. Eux ne me mettent pas la pression, moi si. Je me sens déjà tellement coupable de voir tout le monde se serrer la ceinture, faire de plus en plus de sacrifices, avoir du mal à boucler le mois, tout ça à cause de mes études. Je ne m’autorise pas à rater cette année, j’ai déjà trop conscience que je n’aurai peut-être pas la possibilité d’en faire cinq.

Voilà, c’est fini, enfin pouvoir me consacrer aux examens puisqu’il n’y a « plus que » ça. Une semaine difficile, stressante, épuisante, et je suis tellement à bout.
Mais je dois tenir, ce n’est pas comme si j’avais le choix. Alors je passerai au dessus de ça, comme je suis toujours passée au dessus des obstacles qui se présentaient, même si c’était parfois difficile. J’ai déjà fait tant et tant de choses dont je me croyais incapable, celle là devra en être une autre ; et pas la possibilité de mettre un conditionnel là-dessus, pas de « peut-être » qui tienne.

Et dans toute cette fatigue, un spleen qui revient, des pensées qui tournent dans ma tête, et tout à coup une évidence, alors que depuis plusieurs mois j’avais toutes les cartes en mains pour le comprendre. Pourquoi aujourd’hui, je n’en sais rien. Toujours est-il que depuis quelques années, elle m’a répété plusieurs fois qu’elle avait beaucoup souffert de ne pas avoir été une enfant désirée par sa mère, voire pire. Sauf qu’en fait, elle a fait pareil avec moi.
Certes, le contexte est différent. Mais difficile de ne pas penser qu’elle a fait un gosse sous la contrainte, ou par pitié. Pitié pour un mari en train de perdre la vue, et qui voulait un deuxième enfant. Qui voulait à tout prix avoir la possibilité de voir cet enfant – moi, ou qui que « je » sois finalement – avant de devenir totalement aveugle. Des intentions louables, quelle philanthropie de sa part. C’était quoi, accéder à une sorte de dernière volonté ?

Et puis lui, qui maintenant est totalement aveugle. Que j’ai encore du mal à voir sans ses lunettes, tellement il me parait nu comme ça. Qui aura son chien guide d’ici la fin du mois. Mais j’ai déjà eu un tel choc les premiers mois où je le voyais avec sa canne blanche, je ne sais pas comment je réagirai à la vue du fameux harnais blanc.

Sortir la tête de l'eau


Un gros coup de mou. Suffoquer, se débattre tant et tant qu’au final on n’a plus qu’une envie, se laisser aller. Tout envoyer valser, laisser tomber parce que trop, c’est trop. Remettre en cause les sept derniers mois, y mettre un terme. Un point, mais quelle majuscule suivrait ?
Une grosse crise d’agoraphobie, l’angoisse à l’idée de voir des gens, connus ou non, depuis maintenant cinq jours. Ca n’était arrivé qu’une seule fois dans ma vie, il y a environ quatre ans. Période sombre, parmi d’autre. J’ai pris peur, peur que tout recommence, une fois de plus.
Alors je me suis retirée dans ma bulle. J’ai pris du recul, pour y voir plus clair. Bénéfique, ce n’est pas fini, mais même si l’équilibre retrouvé est encore instable, ça va beaucoup mieux.
Je m’accroche, pour continuer cette année, la finir. Ne pas se projeter trop loin, attendre de voir.