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5 ans
Je me souviens de quand j’étais petite… Un jour, tu m’as dit « Moi je suis jeune, je ne serai jamais vieux ! Tu vois, Aurore, ton Papy il ne sera jamais vieux ! » Et moi je t’ai cru. Parce que tu n’étais pas un grand-père comme les autres, t’étais mon grand-père à moi et je n’avais aucune raison de ne pas te croire.
J’ai encore toutes les images en tête… Toi sur le toit, en train de le réparer. Moi dans une brouette pendant que tu me promènes autour de la maison. Nous deux courant derrière les canards. Toi qui ronflais quand tu nous emmenais au cinéma, Cédric et moi.
Je me vois encore, assise par terre, buvant tes paroles. Tu étais assis dans ton fauteuil et tu me racontais tes voyages en feuilletant les albums photos…
Je me souviens aussi de quand tu venais nous garder le soir… Tu t’endormais devant la télé et alors, avec Cédric, on descendait dévorer tout ce qui nous tombait sous la main !Ce sont tous ces souvenirs-là que je garderai de toi. Des souvenirs d’un Papy fou de ses petits enfants et arrière petits enfants. D’un Papy que j’adorais et admirais.
C’est de ça que je me souviendrai… Parce que ces derniers mois, tu n’étais plus vraiment toi. Tu étais si différent du Papy de mon enfance, de mon vrai Papy. Toi, mon Papy, celui que j’ai toujours connu, c’est celui qui était maître de ses actes et de ses pensées. C’est celui qui me gardait quand j’étais malade. C’est celui qui me gavait de pistaches et qui me prenait par la main pour aller chercher des œufs dans le poulailler. C’est celui qui est là, dans mon cœur et qui n’en sortira jamais.Et puis je sais que tu voudrais qu’on garde de toi une image positive, pas celle que t’avait donnée cette satanée maladie.
On voudrait que ça n’arrive qu’aux autres, mais ça vous tombe dessus, comme ça. On n’y peut rien, on ne choisit pas.
Je sais que tu es mieux là haut, qu’ici c’était devenu trop pénible. Si c’était le bon moment pour toi, alors ça l’était aussi pour moi. Pourtant, égoïstement, je ne peux pas m’empêcher de pleurer. Parce que, même si tu es et seras toujours dans mon cœur, tu me manques énormément et c’est difficile de ne plus t’avoir près de moi.
Mais je suis sûre qu’où que tu sois, tu continueras à veiller sur moi. Sur nous…
Tu seras en quelque sorte ma bonne étoile !
Ce n’est pas un adieu, juste un au revoir. Parce que je sais qu’à un moment ou à un autre, on se reverra.Je t’aime, Papy.
(4 juillet 2005)
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Six heures quatre. Caravane. Une rose rouge foncé. Cinq ans qui pourraient être cinq mois.
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Je sais que cette photo peut sembler atroce. Pour moi, elle est simplement magnifique, témoin d'un moment tellement chargé en émotions. De l'amour et de la tendresse à l'état pur.
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Tu me manques, pour toujours.
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