C’est bien trop facile. Affirmer que je suis la seule responsable de tout ce qui arrive de mauvais, oublier le nombre de fois où je t’ai demandé d’être simplement franc et de me dire ce que tu pensais, oublier que dans l’étendue de ton honnêteté, tu m’as dit que tu le ferais, mais plus tard, toujours plus tard. Je me demande si tu crois tes propres paroles, si tu penses vraiment que tout peut n’être la faute que d’une seule personne. “L’après aurait pu être bien.” En effet, mais il aurait pour ça fallu nous laisser nos chances. On a merdé, c’est comme ça, et on ne changera pas ce qui s’est passé. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut oublier tout le positif qu’on a pu s’apporter, tout ce qu’on a été de bien, tout ce qu’on a vécu de beau, tout ce qu’on a construit, simplement ensemble. Pour moi, tout ça est bien plus important que les trois semaines qu’on vient de vivre. Le souvenir de tout ça et le projet d’un avenir différent, mais d’un avenir dans lequel on resterait des points d’attache l’un pour l’autre, ces souvenirs et ces projets me semblent trop importants et précieux que pour jeter l’éponge et accepter que ça finisse comme ça. Tu as laissé les choses s’étioler entre nous plutôt que prendre la situation en mains, mais pour notre amitié, qui pourrait nous apporter encore plus que le couple qu’on a été, pour ça il n’est pas trop tard. On peut agir, là-dessus ; ne laisse pas tout partir à la dérive, cette fois. On peut simplement choisir de tourner la page sur cet intermède au goût amer qui nous a trop fait souffrir tous les deux. Il ne s’agit pas d’oublier, mais de passer à autre chose, et sainement. On peut choisir d’entamer un nouveau chapitre, différent, mais d’avancer ; et on vivrait bien mieux qu’en restant sur toute cette douleur et ces mots durs, en ne voyant plus ce qu’on a été qu’avec rancœur. Simplement, on vivrait.