Parce que quand tout va bien, il n’y a pas grand chose à dire, mais plutôt à vivre. C’est sans aucun doute pour ça que depuis quelques jours, les notes prolifèrent.
Ces jours et ces nuits sans toi sont interminables et désespérément vides. J’ai perdu celui que j’aime, j’ai perdu mon meilleur ami. Deux jours que je suis en apnée, en attendant ton prochain appel, j’espère. Ne pas te contacter. Je suis donc seule, ici où je ne connais personne. Aucun sms, aucun mail, aucun appel reçu. La solitude n’est pas qu’une impression. Seule avec cette souffrance qui me dépasse, personne ne me demande même de mes nouvelles. « Ce sont tes amis aussi ». Mais ils passent leurs journées avec toi, ont à peine une pensée pour moi, mis à part quand je suis en face d’eux, rien, nada. Même B, que je connaissais avant de te connaître (contrairement aux autres) ne m’a pas adressé un mot, comme si on ne pouvait montrer du soutien qu’à une personne et pas à deux. Question de loyauté, je ne sais pas, toujours est il qu’ils ont tous fait un choix, conscient ou non, un choix qui fait que tu passes tes journées occupé et entouré, sachant qu’il te suffit de faire un geste pour qu’on soit là pour toi. On te trouve courageux. Dans un certain sens, oui, c’est vrai. Mais par contre personne ne pense aux conséquences de ce courage, on te soutient parce que tu as montré de la force et que tu as pris une décision. Mais on était deux dans cette histoire. Ca y est, je n’existe plus ? C’est toujours toi le plus attentif, celui qui se soucie le plus de moi. Quand tu m’as quittée, je pensais au moins être entourée…

Je sais que couper les contacts était nécessaire, il fallait que tu prennes du recul. Mais bon sang ce que c’est douloureux. Je suis jalouse d’eux qui continuent à passer du temps avec toi ; je suis jalouse de toi parce que contrairement à la mienne, ta vie continue ; je suis jalouse de tous ces couples qui sont toujours unis, malgré les moments difficiles ; je suis jalouse de Machin Jaune qui partage toujours tes nuits. Tu me manques tant que ça en est douloureux, même physiquement. J’ai viscéralement l’impression de crever en pensant à tous ces projets qu’on avait. En voyant que désormais, mon futur est un gigantesque point d’interrogation dans un trou noir. Il n’y a que toi qui pourrait me faire aller mieux, et je ne sais pas si tu le feras. Mais merde, comment est-il possible que tu envisages de tourner la page sur notre histoire ?